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A découvrir en chemin : La voie du Tacot

1Un peu d'histoire

La Côte viticole, au sud de Dijon, fut l'objet de bien des efforts pour implanter des lignes de chemins de fer. Aujourd'hui, la grande ligne file sur Lyon et le sud de la France. Deux autres lignes seront construites.

La première pour un tramway électrique reliant Dijon à Gevrey-Chambertin. Les premiers trams roulèrent en 1908, la ligne étant exploitée par les C.D.E., Tramways électriques de Dijon.

La seconde était destinée à un train à vapeur familièrement appelé tacot, joignant Dijon et Beaune. Les travaux commencèrent pendant l'hiver 1910. Ce qui eut le mérite d'occuper les ouvriers vignerons durement éprouvés par la perte des récoltes de 1909-1910. En 1912, on modifie le tracé autour de Semezanges. Deux ans plus tard, la plateforme est bien avancée. Dans la combe Grisard (le grisard était le brouillard dans le parler des vignerons), il faut tailler la montagne pour établir le passage et même, creuser un tunnel de 17 m de long à bras d'hommes dans un éperon rocheux incontournable. Une petite voie de chantier provisoire permet de faire rouler des wagonnets pour évacuer les gravats. Puis, pour franchir le fond de combe, on emmagasine les déblais pour monter un solide remblai. Il faut également construire un pont de bonne taille pour enjamber le chemin d'exploitation qui souligne le fond du vallon. Hélas, la grande guerre arrive et les travaux sont suspendus en 1915. Ils ne reprennent qu'en 1919. Les premiers trains circulent enfin en 1921, ce qui en fait une des premières voies métriques opérationnelles en France.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Le pont du Tacot

2Son fonctionnement

De Dijon à Gevrey-Chambertin, les convois empruntent la ligne du tramway, les croisements étant basés sur le respect des livrets de marche des trains. Puis, poursuivant en site propre, les locomotives à vapeur du CDCO, chemin de fer de la Côte-d'Or, s'attaquent à la longue rampe des hautes Côtes pouvant atteindre 37 %. Le Tacot ne fait que deux allers retours par jour entre Dijon et Beaune. Un voyage de près de 4 h pour les voyageurs et les marchandises, essentiellement des pierres et produits agricoles, vin ou bétail. La vitesse maximum est de 30 km/h. Limitée à 15 km/h en agglomération, cela donne une moyenne de 16 km/h. À deux essieux ou à bogies, les voitures de voyageurs comptent douze places en 1ère classe, de 26 à 30 places en 2ème classe. L'hiver, on réchauffe les passagers avec des bouillottes, tandis que l'éclairage est assuré par des lampes à pétrole. En 1924, un autorail de Dion plus performant entre en service, mais son manque de fiabilité ne donne pas les résultats escomptés.

En 1930, on teste une automotrice électrique à accus, "l'Oiseau Blanc", sans grand succès.

En 1934, devant le déficit d'exploitation, on abandonne le transport de voyageurs par rails au profit des autobus beaucoup plus rentables, sauf sur la partie Meuilley/Nuits-Saint-Georges pour quelques mois encore. Le déclassement de la ligne interviendra en 1937-1938. De nos jours, il ne subsiste que quelques ouvrages d'arts perdus dans les prés et la forêt. Le tunnel de la combe Grisard reste la pièce majeure. À la sortie de celui-ci, un imposant remblai en courbe permet toujours de franchir le fond de la combe avec l'aide d'un pont.

Notons que l'on voit encore à Gevrey-Chambertin, dominés par le château d'eau des locomotives, les hangars en bois des anciens ateliers de maintenance du tacot. Toujours à Gevrey-Chambertin, l'ancien tracé se poursuit vers l'ouest, contournant le lieu-dit Craipillots en s'enfonçant dans une tranchée qu'une frêle passerelle permet d'enjamber.

 

Inspiré du livre "Curieux de Côte-d'Or" de André Beuchot.
Le tunnel du Tacot

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