L’arrivée sur le marché de GPS à moins de 100 € pour les plus simples, nous oblige à nous interroger sur la place de cet outil précieux dans le sac à dos du randonneur et a fortiori dans celui des animateurs en charge d’un groupe.

D'abord rappelons ce qu'est un GPS et le principe de son fonctionnement.

Il s’agit en fait d’un puissant calculateur capable en recoupant des informations issues de plusieurs satellites placés à cet effet, de déterminer avec une précision de quelques mètres, l’endroit où la mesure est faite.

Un petit écran donne, entre autres renseignements, la latitude, la longitude et l’altitude en fonction des coordonnées UTM WGS 84 que l’on peut identifier à partir des cartes IGN compatibles GPS (voir le quadrillage bleu sur ces cartes). Vous êtes perdus sans repères, vous ouvrez votre GPS et en 30 secondes, le temps pour lui de faire ses calculs et vous savez où vous êtes.

Le GPS en fonction de son niveau de sophistication permet aussi de rentrer une route faite de points et de vous servir d’assistant pour gérer votre cheminement, il vous indique la direction entre deux points, la distance qui vous en sépare, le temps estimé pour le rejoindre. Votre parcours peut-être intégré à partir d’un ordinateur si vous utilisez des logiciels de type carto-exploreur.

Outil idéal, certes outil indispensable pour certain, gadget pour d’autres.

Alors le GPS utile ou pas pour le randonneur-animateur? Diverses écoles existent parmi les animateurs chacune exprime une légitimité, une approche et des conceptions de la randonnée différentes. Chacune mérite le respect et notre attention Au sein des équipes de formation du comité de Côte d’Or et de Bourgogne, nous avons arrêté une position « officielle » fondée essentiellement sur des notions de sécurité. Un outil sécurisant Notre idée est que le GPS permet à un moment donné, de déterminer avec précision sa position. Ceci est inestimable dès lors que le groupe est en danger parce que l’animateur s’est égaré, (ça peut arriver) ou bien pour donner sa position aux secouristes en cas d’accident,) enfin si vous évoluez dans un espace naturel compliqué (friche, maquis, forêt, terrain inconnu) ou encore en absence de repaires tel qu’en milieu enneigé pour ceux qui pratiquent la raquette, ou simplement parce que les conditions météorologiques sont épouvantables.

L’idée qui est derrière cette position est qu’en toutes circonstances l’animateur doit d’abord savoir se débrouiller avec la carte et si nécessaire avec sa boussole. Le GPS intervient en dernier et ultime recours, et ne fait pas partie des outils de progression du randonneurs. Le GPS est un calculateur qui fonctionne avec des piles une batterie plus ou moins autonome aujourd’hui : il peut tomber en panne, à ce titre il n’est pas infaillible et il faut savoir s’en passer. L’animateur ou le randonneur doit garder en toute circonstance une grande sensibilité à l’orientation et à la lecture du paysage. On peut se perdre à force d’être toujours assisté par le GPS...

D’autres animateurs sont passés au tout GPS, et pratiquent ce que l’on pourrait appeler la randonnée assistée par ordinateur, une sorte de RAO.

Dans ce cas, le GPS n’est plus un accessoire de secours mais un outil de progression. L’itinéraire a été travaillé sur ordinateur, les points de passages savamment répertoriés puis chargés dans le GPS. Il suffit ensuite de demander au GPS d’indiquer la direction pour rejoindre les points les uns derrières les autres. A condition de parfaitement maîtriser son GPS, l’animateur y trouve une grande liberté car il est continuellement rassuré sur son cheminement et ses temps de passages. Il peut alors se rendre plus disponible, pour les participants ou apprécier l’environnement. Cette deuxième conception est généralement défendue avec beaucoup de conviction par les adaptes de cette technologie. Cet article n’a pas vocation à opposer les différentes conceptions mais simplement de réfléchir à l’usage du GPS . En résumé l’animateur doit sérieusement se poser la question, compte tenu du prix des GPS, de l’obligation de moyen qui pèse sur lui dès lors qu’il s’engage sur des terrains difficiles en matière d’orientation en particulier en milieu enneigé ou dans des espaces mal connus. Dans ce cas peut-on encore se priver de ce précieux outil ? A l’inverse l’animateur, en tout cas s’est ma conviction, doit se poser la question de l’intérêt de s’appuyer constamment sur une machine pour mener sans randonnée, et si cela correspond à un réel besoin. L’usage du GPS ne doit pas non plus le couper de son groupe, pour cause de manipulations forcenées.

Avis aux animateurs, dans les prochains articles publiés sur le site ou dans la gazette, confiez-nous votre point de vue d’un animateur qui utilise son GPS comme outil de progression ou bien celui de quelqu’un qui y est franchement opposé. Rappelons que les comités de Côte d’or et de Bourgogne ont acquis une dizaine de GPS (Geko 101) pour les formations, et que le comité de Côte d’Or organise chaque année au mois de mai un stage consacré à l’utilisation du GPS et des cartes numériques.

Hervé LEGUAI